ه‍.ش. ۱۳۹۴ خرداد ۹, شنبه

اسماعیل وفا یغمائی. شعرهای منتخب از کتابهای منتشر شده. ترجمه به فرانسه


1-La Fin
Au-dela de l’arbre poussiereux
Et de la source qui murmure
Ma part de soleil et de ciel prend fin

La pomme croquante
Et les citrons humides
Un fou qui a sa raison !

Au dela du temps passe et du temps a venir
Sous l’eclat de la lune
Je contemple mon propre crane
Il est vide de reves
Vide de pomme croquante
Et de citrons humides
Un fou qui a sa raison
Vide !
Pareil a ce que les executeurs voulaient
Au-dela de l’arbre poussiereux
Et la source bruyante
L’endroit ou les ombres finissent,
Et le soleil sans fin…

2-Il est arrive quelque chose

Le ciel est beaucoup plus bleu
Et la rose plus parfumee
Sur la branche l’oiseau chante une autre chanson
Et l’aurore est beaucoup plus pure
Le sentiment d’immortalite

Je cherche quelque chose ;
Dans mon cœur
Quatre enfants
Quatre petits oiseaux chantent l’amour


3-La lune brille

La lune brille
Les saints dorment
Seuls
Le plus isole renegat est eveille
A la recherche du seigneur
La lune brille.


4-Passionel

Tout le monde m’aime
A part toi
Que j’aime
J’aurais aime que tout le monde soit mon ennemi
A part toi,
Qui m’est hostile.

5-Sorcier amoureux

Je suis sorcier
Je te transformerai en cible
Et mes baisers
Je les transforme en balles

Je suis sorcier
Au cœur de la jungle
Je te transforme en hutte
Et je deviens ton voyageur las

Je suis sorcier
Et te fais la plaine assoiffee
Et je deviendrai le nuage qui pleuvra sur toi

Je suis sorcier
Je te rendrai la ville endormie et sans defense
Et je me transformerai
En brigade destructrice

Je suis sorcier
Je te transforme en cœur
Et je deviens ton glaive
Je te transforme en glaive
Et je deviens ton cœur
Je te transforme en cœur
Et deviens ton sang
Je te transforme en sang et je deviens ton cœur

Je suis sorcier
Je te transforme en vin
Et je deviens ton gosier
Je te transforme en gosier
et je deviens ton vin

je suis sorcier
je te transformes en corps
et je deviens ta peau
je te transformes en peau
et je deviens ton corps

Je suis sorcier
Je te transformes en mere- avec les seins remplis de lait
Je deviens ton gamin assoiffe
Et je deviens ta mere

Je suis sorcier
Je te transformes en biche
Et je deviens ton tigre
Je te rends tigre
Et je deviens ta biche

Je suis sorcier
Je te transformes en larmes et je deviens tes yeux
Je te rends les yeux
Et je deviens tes larmes

Je suis sorcier
Je te transformes en chant
Et je deviens ton silence
Je te rends silence
Et je deviens ton chant

Je suis sorcier
Je te transformes en nuit etoilee – etincellante
Et je deviens ta nuit
Et je te prends dans les bras

Je suis sorcier
Je te transformes en vie
Je deviens la mort
Et je me perds en toi

Je te transformes en mort
Je deviens la vie
Et me perds en toi

Je suis sorcier
Je te transforme en femme
Et je deviens ton homme…
Je suis sorcier

6-Je ne crois pas a l’enfer

Je ne crois pas a l’enfer
Car aucune chambre de torture n’est legitime
Ni sur terre
Ni au ciel
Parfois je penses
Que peut-etre l’Enfer
C’est le souvenir d’une chambre de torture en ruine
Dans laquelle brulent les souvenirs des morts
Je ne crois pas a l’Enfer
L’Homme au long de sa vie peut devenir Paradis
Parfois je sens cette verite

7-Le poete engage declame ses poesies

La tribune est prete,
Les microphones,
Couperets,
Les rideaux epais et colores,
Et les mouchoirs,

La tribune est prete
Pour qu’une autre voix se degage de la gorge
Et qu’avec les couperets
Tu coupes en petits morceaux
La vie entiere et monotone
Aux dimensions recommandees
Et qu’avec les rideaux impregnes de parfums et d’immondices
Tu camoufles le reste de la verite
Et les mouchoirs !

Pour effacer de la tribune le songe verdatre de la poesie
La tribune est prete,
Les microphones,
Couperets,
Les rideaux epais et colores
Et les mouchoirs

Le poete engage declame ses poesies.

8-Tes yeux coquins

Quand tu deboutonnes tes yeux noirs dans mes yeux
Avec tes deux perles noires, tu caresses mon cœur
Je connais la voix de tes yeux
Dont tu remplis mon cœur

Tes yeux pour moi c’est une nuit debordante d’etoiles
Mon cœur pour tes yeux c’est un fievreux et plein de chaleur

Quand tes yeux n’existent pas je vieux que le monde n’existe plus
Sans tes yeux je veux que le lendemain n’existe plus

Tu ne sais pas, tu ne sais pas sans tes yeux
Comment je supporte les nuits si ennuyeuses
Je ne sais pas, je ne sais pas, sans tes yeux
Pour quelle raison je subi la vie

J’avais dit que sans tes yeux je ne pourrais plus voir
J’avais dit que sans la voix claire de tes yeux je ne pourrais plus entendre
J’avais dit que sans le printemps existant dans tes yeux noirs
Les reveries et tout ce qui en decoulent mourrait pour moi

Tes yeux pour moi c’est une nuit debordant d’etoiles
Mon cœur pour tes yeux c’est un coeur fievreux et plein de chaleur

Quand tes yeux n’existent pas je veux que le monde n’existe plus
Sans tes yeux je veux que le lendemain n’existe plus

Quand to deboutonnes tes yeux noirs dans mes yeux
Avec tes duex perles noires, tu caresses mon cœur
Je connais la voix de tes yeux
Dont tu remplis mon cœur


9-Une ode de Meched

Oh que j’ai envie
De nager toute une nuit dans tes yeux
Qu’une fois fatigue, je dorme dans l’herbage de tes cils

Que je sois transforme en poudre et en poussiere, pour que je puisse m’installer en face de toi
Que je sois transforme en vent, pour trotter dans ta chevelure et siffloter dans tes oreilles

Que je sois transforme en pluie sure tes levres et tomber sans arret goutte a goutte
Que j’embrasse ces levres-la, et de nouveau renouveler chaque baiser

Non pas un ou deux feuillages de beaute mais un monceau a pousse sur ses levres-la
Je suis paysan et je vieux les moisonnier entierement

La mignonne est un coquet coffre-fort, finalement une soiree je deviendrai Ouzbek
Afin que je puisse derober toutes ces coquetteries en une seule fois

Tellement ce cœur dingo est enflamme et est en feu pour toi
Que peut-etre pour arreter ces betises je doive l’enchainer

Le bruit court que tu ne m’aimes plus
Tes yeux disent que c’est faux et je ne suis pas stupide pour croire les ragots

Qu’est ce que ca fait qu’une soiree tu te laisses aller pres de moi
Qu’est ce que ca fait qu’une soiree je me laisse aller pres de toi

La vie est courte
Ne fais pas tant de manieres.

Jusqu'à quand comme un biquet
Tu veux fuir et me faire courir et encore courir derriere toi ?

On me dit, mon gars laisse tomber cette fille,
Ma vie est attache a sa chevelure, comment m’en detacher ?

10-Pour la defense de la liberte

Pour la defense de la liberte
Pour les vieux sabres anciens
Il faut faire un chanson
Pour les vieilles forteresses sans lesquelles
Nos aieux ont combattus
Pour les fourneaux froids
Et les fumees oubliee
Il faut faire un chanson

Pour la defense de la liberte
Pour la liberte, il faut ecrire un poeme
Pour les cartouches des guerilleros
Et leures blessures
Pour les fusils et les femmes guerrieres
Pour les fusils et les hommes gueriers
Il faut faire un chanson

Pour la defense de la liberte
Il faut rester respectueusement au garde a vous devant
Les tombeaux des morts
Les tombeaux des assassines
Les tombeaux des martyrs
Et ecrire sur ses propres larmes avec la flamme d’un poeme
Et pour la defense de la liberte
Peut etre

11-Chanson du printemps

Le son le plus amoureux
Est celui de mon petit harmonica
Dansant entre etre et non-etre
A cote des defiles de voie lactee
Et du temps eternel.

Avec chaque chanson mon harmonica se meurt
Avec chaque chanson mes doigts et mes levres naissent
Quelle chanson !

Quelle chanson gaie
Au moment ou le monde est en train de se geler
Et le dernier printemps qui dans un hiver eternel se gele
Et la voix de la chute des soleils tenebres et froids
Pour les soleils tenebres et froids

Quel est le son de mon harmonica
Au temps ou la fin du monde commence
Quelle chanson
Quelle chanson de mon petit harmonica
A l’instant ou mes levres sur tes levres metalliques se gelent et que tu te tus
Au meme moment
Dans un autre printemps
Le temps perdu bourgeonne
Et un autre monde ailleurs nait

Mon petit harmonica
Sans que nous ne souvenions l’un de l’autre
Une autre fois
Nous naitrons
Et nous nous embrasserons dans un air joyeux
Et quel amour encore
Dansant entre etre et ne pas etre
a cote des defiles de voie lactee
et du temps eternel.

12-L’amour catastrophique

Il est tombe amoureux de telle sorte
Qu’il a consenti au massacre de tous les autres amoureux,
Et pour reconduire les caravanes de larmes et de beautes
Il a chante des chansons les plus joyeuses en jouant du tambour et du tambourin

Il est tombe amoureux de telle sorte
Qu’il ne s’est pas rendu compte,
De sifflement du vent
Des bougies eteinte et des tenebres des cœurs,
Il a trouve insignfiants les mots tels que mensonge, droiture et larmes.

Il est tombe amoureux de telle sorte
Qu’il a cru le monde commence
A partir du moment ou il est tombe amoureux.
Il est tombe amoureux de telle sorte
Qu’il a pu oublier toutes ses hesitations.
Et puis
La nudite
Et un vent sans relache.

13-« Dans mon cœur »

Du matin au soir, chaque jour
Mon cœur et semblant au soleil
Dans lequel un lion effrayant et terrifiant rugit et combat
Et au fond de moi
De la jungle de mes nerfs fievreux
Son rugissement fait echo et tombe goutte a goutte dans les mots
Mais quand vient la nuit
Toutes les nuits
Mon cœur est une lune fievreuse et rougeatre
Sous laquelle le loup de la solitude gemit amerement
Au monde detruit

14-Un lieu retire

A cote d’un arche vieux et oublie
Reverie
Entre une note eteinte
Sous le rayonnement d’une bougie qui brule au milieu d’un reve
J’ecris mes poemes
Mes reves
A cote de l’archet vieux et oublie
Entre une reve
Et au rayonnement d’une bougie qui brule au milieu d’un reve

15-Pour mon fils qui est loin

Les souvenirs me tourmentent
L’appareil avic lequel tu telephonais
Me tourmente
Le numero de la plaque de cette baraque, ainsi que la poignee de la porte
Me tourmentent
L’allee couverte d’arbres silencieux dans laquelle nous courions
La bordure de la riviere humide par les baisers de la riviere
Me tourmentent

Le grand bazar avec le contenu de toutes ses etageres
Tous tes plats preferes
Les chocolats noirs
Les malins chewing-gum
Les bouteilles de lait froid
Me tourmentent

L’obscurite de cette piece
Les couvertures dans lesquelles to t’endormais
Et le tic-tac du reveille-matin qui se baladait dans tes reves
Me tourmentent

Les petits poissons dans le bocal
Les taches de nourriture sur le tapis
La balance sur laquelle tu te pesais
La douche
Les serviettes
Les couverts
Dont tu te servais pour manger
Tes cahiers et plumes restes sur place
Le timbre de ta voix dans la maison
Et le chien poilu et espiegle du voison qui me fait penser a toi
Me tourmentent

Toutes choses
Et le seigneur silencieux
Et les politicans bavards
Qui savent que je ne peut pas pleurer
Me tourmentent

16-Le destin

Cependant
Jusqu’au moment ou je naitrai
Il reste de longues annees
Sois ma maitresse

Dans cette attente
Dans cette bourrasque de pluie et de neige d’ignorance
En l’absence de la chaleur de ton corps
Et de tes murmures
Comment dois-je tenir le coup
Jusqu’au moment ou je naitrai

Cependant
Jusqu’au moment ou je naitrai
Il reste de longues annees

17-Je choisis

Je choisis
Sous les etoiles froides
Sous les ponts a moitie detruits
Et le paysage seul et deracine
De la jungle envahie par le brouillard
De passer la nuit
Dans les bras d’un chien plus reracine que moi

Je choisis
En volant du mais des champs sans muraille
Et des pommes des pommiers au-dela des barbeles
De remplir mon ventre

Je choisis
Loin de la bouche decidee et envahissante
Et des seins durs de la femme que j’aime,
Apres des annees
D’acheter le baiser d’une prostituee vieille et fatiguee
Afin de ne pas oublier le gout des femmes
Qui est vital ou poete

Je choisis
Que mes poesies ne plaisent a personne
Et que mes chansons derangent les gens
Et que le ciel
Et la terre me montrant du doigt

Je choisis
Je choisis tout cela
Mais jamais
Je n’accepterai de vivre sans liberte
Sans joie
Et fievre poetique
Dans un grand cercueil somptueux

18-Le son des trompettes

De loin, les clairons
Jouent sur le toit de la patrie
Joyeux, les clairons
Jouent clairs et sombres
Ils annoncent le dernier combat
De l’endroit ou celui-ci se declenchera

De loin, les clairons
jouent sur le toit de la patrie
Joyeux,les clairons
Jouent clairs et sombres,
Clairs pour les heros,
sombres pour les perfides.

Ma bien aimee
Ma belle
Toi, mes reves, si loin de moi
Mon passe et mon lendemain
Apprete la carafe de vin rouge
Leve-toi et trouve
L’ancienne coupe verte
Dans laquelle nous avons bu ensemble
Lors de notre derniere rencontre
Rends cette vieille masure aussi belle que toi
Envoie un message ou un billet
A la lune eclatante de la patrie
Pour qu’elle soit prete a luire

Ma bien aimee
Ma belle
Toi, mes reves, si loin de moi
Mon passe et mon lendemain
Meme si
Dans ce dernier combat,
Deprime par less balles brulantes
Que je me retrouves pres de toi
Ou que je perde la vie,

Sache-le
Dans la rejouissance enthousiaste
La journee de la liberte
Je serai de retour
Je serai de retour
Afin qu’avec tous les gens de la ville
Je danse sur des airs gais et joyeux
Dans les rues debordees d’ivresse et de folie
De sorte que les toits des maisons tremblent
Et qu’au clair de la lune
Je boive une gorgee de la coupe
Pleine de la lumiere de la lune et du vin

De loin, les clairons
jouent sur le toit de la patrie
Joyeux,les clairons
Jouent clairs et sombres,
Ils annoncent le dernier combat

19-D’apres l’œuvre de Paul VALERY :
« LA LIBERTE »

Sur les belles matinees
Sur les jardins fleuris
Sur les forets vastes et vertes
« j’ecris ton nom »

Sure la mer profonde
Sur le cœur profond de l’Homme
Sur les feux vifs dans les nuits noires
« j’ecris ton nom »

Sur la beaute
Sur la bonte
Sur la blancheur
« j’ecris ton nom »


Sur la fierte
Sur l’honneur
Sur la bravoure
« j’ecris ton nom »

Sur les savoirs
Sur les vouloirs
Sur les pouvoirs
« j’ecris ton nom »

Sur les jours
Sur les saisons
Sur les siecles
« j’ecris ton nom »

Sur les flambeaux du futur
Sur les airs nationaux
Sur les reves
« j’ecris ton nom »

Sur le front de Dieu
Sur les ailes des anges
Sur les levres de mon amour
« j’ecris ton nom »
LIBERTE

20-Endormi dans les tenebres comme les tenebres

Endormi dans les tenebres
comme tenebres

et endormi dans la lumiere
comme lumiere

endormi dans l’eau
comme l’eau
et endormi dans la terre
comme terre.

Vis !
N’aie pas peur
S’il n’y a pas la mort,
–qu’il n’y a pas –
et s’il y a la mort
il n’y a rien d’autre que cela
endormi dans les tenebres
comme tenebres…


21-Priere

Beaute
Deviens plus belle
Que je devienne plus beau.

Je suis beau
Rends-moi plus beau
Pour que tu deviennes plus belle

Un miroir dans le ciel
Ou un miroir sur la terre
Ou deux miroirs face-a-face
Personne ne sait, mais

Beaute
Deviens plus belle
Que je devienne plus beau.


22-Ghazel
Ecoute !
Si « Ghazel » c’est le voyage dans les chemins secrets,
Je veux te lire un ghazel.

Ecoute !
Si composer un poeme c’est l’apparition de la lune de minuit dans les tenebres des yeux,
Et du lever du soleil dans les cœurs geles,
Je veux te composer un poeme

Ecoute !
Si le chanson c’est le brouhaha d’une verite qui ne vieillit pas,
Meme si personne ne le croit pas,
Je veux te murmurer une chanson.

Ecoute !
Un voyage au milieu des tenebres
Au centre de la lune lumineuse.

23-Tu ne resteras pas longtemps nue

Quand tu te mets nue
Tu ne resteras pas longtemps nue !
Je couvrirai ta nudite
Du crepuscule jusqu'à l’aube
Par mes baisers qui sont tisses
Morceau par morceau et fil par fil.

24-Apres la mort, a la recherche de toi

Lorsque tu mourras
Tu serais perdue dans le monde
Je te perdrai dans le monde
Le monde sans fin

Pour te trouver
Je me perdrai dans le monde
Je serai perdu dans le monde
Le monde sans fin.

25-La plaine sans biches
(A l’intention d’Ali Esfahani chagrine de la chasse au biches)
Je veux aller a la montagne pour voir la biche
Ou est mon sac a dos, ma chere Leili, Ou est mon sac a dos ?
J’ai entendu que la biche est blessee dans la plaine
Remplis mon sac a dos, de baume et de medicaments.

J’ai entendu que la biche est blessee d’un coup de tir
Selle mon cheval, il est deja si tard
Il serait dommage que la biche meure dans la plaine
La plaine sans biches, ma chere Leili, c’est comme le desert.

Dommage que le chasseur ne sais pas
Dommage qu’il ne lit pas dans les yeux de la biche
Que dans les temps lointains, au debut du monde
La biche des plaines etait son frere, ma chere Leili.

Je veux aller a la montagne pour voir la biche
Ou est mon sac a dos, ma chere Leili, Ou est mon sac a dos ?

26-Cauchemar

Il etait minuit
Le soleil jaunatre et faible
Avec un rayonnement sans zele eclairait
L’eau trouble de la mer
Qui en face de nous
Etait etendue a l’infinie

Moi, avec une femme, ma femme
Etions descendus des escaliers tombes en ruines
Jusqu’au pave incline de la cote abandonnee
Et j’avois l’apparence d’un mort
Nous etions restes silencieux
Et les rideaux uses et froids de l’angoisse
Invisiblement bougeaient au vent sans mouvement

Tout a coup nous avons entendu
Le bruit sec d’un crane sur la pente du pave
Sans que le vent souffle
Affoles, nous avons couru vers le petit crane
Mais nous l’avons pas atteint
Et le petit crane
Est tombe dans les vagues
Descendant dans les profondeurs de la mer

Ce crane
Etait le crane de notre enfant
Silencieux
Sans que personne ne nous dise
Nous l’avons su

On aurait dit
Qu’avec mes yeux je voyais
Le debordement effrayant des cranes dans la plus profonde des eaux.

Nous sommes restes silencieux
J’etais mort et cette femme
A ete dissipee dans le vent
Sans qu’il y ait ni vent
Ni personne

Il etait minuit.

27-La fete du feu

Si un jour reelement
La revolution a eu lieu
Que le soleil avec malice brille du haut du toit
Et partout
Les chaines fletrissent et se transforment en cendres
Et le vent les emporte
Apres que nous ayons bien pleure
Apres que nous ayons bien ri
Apres que nous ayons bien emrasse
Et bien danse
Qu’apres la joie nous ayons tape la tete contre les murs
Et en criant nous ayant casses les vaisselles en porcelaine
Apres que nous ayons tout mele
Et nous avons tout range
N’oubliez pas
D’aller a la rencontre les uns des autres.

N’oubliez pas avant de punir les enemis – les assassins –
sur la grande place de la patrie
nous allions a la rencontre les uns des autres
dans toutes les maisons, dans tous les quartiers
et dans toutes les villes
nous allions a la rencontre les uns des autres
a la rencontre des tetes les uns et des autres
avec le marteau et… et tout le materiel qui sera necessaire
allons a la rencontre des vieux cadenas qu’ils ont accroches aux portes rouillees de nos tetes
de toutes manieres possible
Ouvrons les cadenas des esprits
Avec le marteau
Avec le…
Avec le tournevis
Et avec toutes sortes de clefs
Et s’ils ne sont pas ouverts
Avec la dynamite et les grenades existantes
Les memes avec lesquelles nous combattions les assassins
Mettons-les a profit
Avec la dynamite, avec des bombes, avec des grenades, explosions de cadenas
Et en dansant, en chantant et en sifflant
Entrons dans les tetes l’un de l’autre
Avec les sacs de poubelles et les balais
Et les chiffons de depoussierage
Et l’eau limpide
Et tous les produits desinfectants,
En sifflant et en chantant
Balayons
Balayons les tenebres
Les immondices
Et les bassesses « couta bini »
Balayons les instruments qui mesurent les pensees
Balayons les mots qui donnaient une legitimite a la structure de la pensee
Balayons les couteaux antiques des dogmes
Balayons les haches ensanglantees des traditions saintes et qui amenent la mort
Balayons les rabots qui rendaient notre vue convenables
Balayons les cages
Et les filets.

Et en sifflant et en chantant
Continuons et balayons
Balayons les boites dans lesquelles les saints ont defeque
Et qu’ils on rangees dans nos tetes
Balayons les mouchoirs avec lesquelles ils on nettoye leur derriere et dont il nous ont fait cadeau
Balayons les preservatifs qu’ils n’ont pas utilise lors du viol de nos cœurs et que nous avons apprecie
Balayons les livres qui sentent l’urine
Car ils on ete ecrit avec urine
Balayons les marteaux et les enclumes qui on servi a fabriquer les chaines
Balayons les bouteilles de poison venu du ciel avec lesquelles nous avons empoisonne nos reves

Balayons tout
Et jetons-les dans les sacs poubelles
Et puis ouvrons les fenetres de nos tetes
Vers le soleil
Vers l’air frais
Vers le futur, pour les choses nouvelles
Et ne fermons plus jamais les fenetres de nos tetes
Et puis mettons-nous en marche avec une danse gaie et folle, avec les tetes propries
De quartier en quartier
De ville en ville
Vers la grande place de la patrie avec les chariots de poubelles
Et que les chariots qui remorquent les voleurs et les assassins
Et dans la grande place de la patrie
L’endroit ou la liberte et l’humanite font la justice
Au miilieu des ordures
Incendions les ennemis du peuple,
Si un jour reelement la revolution a eu lieu.

28-Apres la victoire du peuple

Apres la victoire du peuple :

Au son du tic-tac :

- les aiguilles prendront le pas de la nuit vers le jour et seront plongees dans le parfum de citronnier,

- l’air agile impregne de fumee rira au dessus de la ville,

- non seulement toi et moi, main dans la main, mais aussi les arbres danseront ivres, et les murs avec leurs rangee de brique cote a cote chanteront,

Et pendant la nuit la lune traversera le ciel, un brin de basilic aux levres.

Et aux levres de chacun mouillees par des larmes, un baiser sera etincellant que l’on pourra voler, sans que personne ne le conteste.

Au son de tic-tac :
- les aiguilles prendront le pas de la nuit vers le jour et seront plongees dans le parfum de citronnier.












Translated by Shahrashub Khanlari (‘town-razer’)

29-Aubade

Malgre tout
l’univers est un sacre miracle
et la beaute – meme dans le cadre noir de la mort –
une verite que seul un aveugle peut dessiner
car
les yeux sont le songe nocturne des forets
et le silence gris-cendres des coucous
car les mains sont la simplicite equivoque de Dieu
et les mots soufles dans l’espace par ta bouche
sont le parfum des pommes et le bruissement des champs de mais.

tu es belle
et mortelle
a l’intar de la chute des gouttes de pluie dans le lac du clair de la lune
et la Mort,
ombre venerable,
entremele ta beaute au mystere
et mon cœur a une soif insatiatble
par gratitude envers les beautes je prends soin de mes antiques instincts
a chaque aube
j’embrasse l’etoile et la pierre
et je fais ma priere
a l’Univers.

30-Voyage

Sur un rafiot fele je voyage
un rafiot endolon
et vieux
mais le marin avine ne craint point le danger
il emporte avec lui le gout des baisers des fleuves,
l’image des monumentales souleries de la mer
et le souvenir d’avoir transporte les agrumes d’Izmir
et de la lune de Baghdad

regarde!
la vieillesse du miroir de la jeunesse eternelle de mon ame
face a moi
pas un seul mur debout
je parcours le passe et l’avenir
regarde…


31-Apres ma mort

dans l’immensite du monde
delivre, je pousserais un soupir
comme une ode fremissante
egaree dans les yeux d’une inconnue
ou le son d’une flute
a la senteur d’une pomme mel
s’envolent au d’une foret automnale
au moment ou je suis toute certitude
sans l’ombre d’un droit

je me dissimulerais dans un mot
ou un brin d’estragon
ou les ailes d’un oiseau
ou une colonne de lumiere
traversee par les insectes
finissent dans l’eclat des yeux inquiets d’un chat noctambule
je n’etais
et ne suis
qu’une partie du monde
et me serais
qu’une partie du monde
apres ma mort


32-L’instant (esquisse)
Une parcelle de temps
Et les yeux
Et mon cœur amoureux y planant
Alors
Viens
Viens
Viens contempler
La tempete de l’amour et le tourbillon de la folie

33- L’instant (feu)

avec mes bras de flamme – dansant –
je suis le feu
dans la retraite silencieuse du desert,
avec
les vents
viens a ma rencontre, o mon amante
telle une branche de fleurs ecarlates
ou une touffe de ronces seches
et alors,
ivre et enflammer
consume-toi entre mes bras, avec moi – dansant
sous le ciel etoile
a tomber en cendres

34-L’exil

la planete devient une catapulte
et moi tournoyant
petit caillon lache, fuyant

et les siecles
s’abattirent – baisser de rideaux precipite –
sur mes paupieres fermees dans un sommeil
comateux, prelude de la mort.

lache
et
en suspens
je m’envole dans un ciel de chaux et de silence et m’eloigne
soucieux de la floraison du chevrefeuille grimpant de ma main ( ?)
je hele
ma planete perdue


35-L’arc-en-ciel de ton sourire

de ton sourire s’est leve un arc-en-ciel
jusqu'à mes yeux
dans mon cœur un arbre est couvert de fleurs
et une brise
jusqu'à mes levres
jusqu'à mes doigts
regarde !
dores et deja j’ecris un poeme.

dores et deja j’ecris pour toi
un poeme
fait de gouttes de pluie
de feuilles de brins ( ?)
au rythme des pagaies d’une barque emplie
de fleurs blanches et parfumees
traversant mes veines
sur l’air du chant du marinier.

regarde !...

36-Le passage

l’ultime annee d’un siecle
entre deux milleneaires.
La terre pivotant
Quitte un detroit sans nom vers un autre ere
A toi je pense ma mere
A ta tombe sans epitaphe
Et je m’eloigne de toi

…et maintenant
Sur le chapelet sans le fin des chemins
Impitoyables comme jamais, nous mettrons notre cœur a l’epreuve

En cette drole de saison !
Pas le temps de plaindre
En cette drole de saison
L’authenticite de l’Amour se mesure a l’aume de la cruate de la separation
En cette drole de saison
La Mort, telle qu’elle nous etait comtee,
Est un mythe perdu dans le labyrinthe des secrets
ou depuis longtemps deja personne ne meurt.
On n’y eurt plus
On y est assassine
Dans cette comtree ou la mort
Est la repetition d’une musique d’epouvante
Se jouant entre cervelles et balles…
Cranes fracasses et temps qu’ensanglante
Les coups de grace
En cette drole de saison.

37-Au moment de mourir

Au moment de mourir
Je voudrais regarder a lune dans le ciel
Et je voudrais qu’elle me regarde sur la Terre
Et qu’elle chemine sur son orbite
Rasseremee de ma fidelite

Au moment de mourir (2)

Au moment de mourir
A partir de mes yeux
Je voyagerai jusqu'à la lune

Au moment de mourir
A partir de mes yeux
Je voyagerai jusqu'à la lune.

Au moment de mourir
Je m’installerai sur la lune
Et graviterai a jamais
Autour de la Terre et des hommes.


38-La danse de la deliverance (instantane)

Dans une polyphonie de rouge de bleu de violet et de vert
Toute la musique du monde bat tambour
Dans mes veines
Sur les gouttes des gouttes de lumiere,
Et toi au cœur de mon cœur
- de feu –
dans ta jupe d’eau claire
tu danses
sur le tempo de la passion

39-Quand vous viendrez

Quand vous viendrez
Apportez-moi un morceau de coucher de soleil
Un ballot de clair de lune
Une cruche d’eau fraiche
Et sur le petit toit de la galerie de notre maison
Prenez une esquisse du sommeil
Chaud et charmant comme du cachemir.

Quand vous viendrez
Apportez-moi une ecuelle du sable du desert
Pour que j’y revois
Les traces de mes pieds d’enfante
Et n’oubliez surtout pas
De m’apporter une montagne lointaine
Pour qu’en son sein
Hurlant de tout cœur
A mon propre echo je puisse preter l’oreille
Quand vous viendrez…

40-L’insomnie

Jusqu'à la pointe du jour
Dans mon cœur, un œil versant des larmes rouges
Et la lucarne etait remplie d’eclats de rire nocturnes.
Jusqu'à la pointe du jour
J’ai regarde avec certitude les vents apres,
Les feuilles dans le vent,
La lune enflee
Suspendue
Morte
Et dans mon cœur, un œil versant de larmes rouges.

41-Unp baiser sur l’eau (instantane)

La riviere traverse la pure clarte de l’aube
J’embrasse l’eau
Le soleil plus tard brillera-t-il sur l’onde
A mon baiser melee ?
Deviendra-t-elle nuage
Ce baiser tombera t-il
Avec la pluie ?

La riviere traverse la pure lumiere de l’aube
J’embrasse l’eau.